Bioplastiques... solutions ou illusion?

Les bioplastiques peuvent-ils être une solution à la pollution des océans et de l'environnement ? Ont-ils la capacité de remplacer, à terme, les plastiques traditionnels ? Et de quoi les bioplastiques sont-ils le nom exactement ? Nous examinons ici le potentiel de ces biopolymères pour le domaine du packaging et tentons de fournir quelques éléments de réponse via les données et chiffres clés.

Radiographie des bioplastiques

Le terme bioplastique ne définit pas un produit particulier ; c’est plutôt un concept qui regroupe à la fois les polymères biosourcés (ou agrosourcés) et les polymères "biodégradables". Le terme "biodégradable est abusif : ils sont en fait compostables industriellement, c'est à dire qu'ils peuvent être décomposés sous l’action de micro-organismes - bactérie, champignon, algue -  selon la norme en vigueur EN 13432. Ces deux catégories sont indépendantes ; les polymères biodégradables peuvent être d’origine fossiles ou non (ils sont alors également biosourcés). Nous distinguons ainsi différents types de polymères possédant des caractéristiques et un potentiel pour l’emballage alimentaire différents. Le graphe ci-dessous propose une illustration de la classification des bioplastiques (source : Natural development, 2020).

Les bioplastiques portent l’espoir d’une contribution à l’amélioration de la valorisation organique des déchets plastiques et donc d’une solution potentielle à la pollution des océans par les plastiques traditionnels (voir à ce sujet notre article : Pollution des océans par le plastique). Fort logiquement, le marché européen est haussier : 2,11 millions de tonnes en 2019 et une appréciation attendue d’environ 15% d’ici à 2024 (Bioplastics market development update 2019).

L’activité R&D est intense ; on recherche partout les moyens de production les plus efficients, les formulations et mélanges les plus pertinents et les débouchés les plus larges pour le packaging. Des dizaines de bioplolymères existent, parmi lesquels certains sont très connus (PLA, PHA, PBS, notamment) et d'autres beaucoup moins (BioPET, TPS, par exemple). Les principaux sont décrits et détaillés dans un article spécifique (Bioplastiques : les meilleurs candidats). La conclusion est simple : il n’existe pas de bioplastique magique ; tous ont des atouts et des points faibles, le bon polymère est celui qui est le mieux adapté à l’utilisation visée.

Un avenir très incertain, malgré un certain potentiel

Mais malgré des atouts réels (les polymères peuvent être, pour certains, largement biosourcés et biodégradables), les bioplastiques souffrent toujours de différents maux, parmi lesquels la nécessité d'utiliser des matériaux nouveaux dont le devenir en fin de vie est mal connu, la non compatibilité avec la plupart des filières de retraitement ou de recyclage existantes, ou encore le besoin de prouver scientifiquement leur intérêt. Concernant ce dernier point, en effet, la plupart des études disponibles ne sont pas probantes à ce stade et les bilans ACV publiés ne font pas état d'un gain environnemental significatif, même pour les plus vertueux d'entres eux que sont les polymères biosourcés à structure traditionnelle (BioPET, notamment), voir références.

Par ailleurs, d'un point de vue marché, ils représentent toujours une part très faible du packaging en Europe, voisine de 1,5%. Et même avec un taux de croissance optimiste (selon des projections récentes, en 2024 cette part pourrait dépasser 2%) il sera malheureusement difficile de traiter le problème de la pollution plastique par ce biais à moyen terme (voir figure ci-dessous, Bioplastics market development update 2019, European Bioplastics).

Références :
• Bioplastics market development update 2019, European Bioplastics, 2019.
• Life cycle assessment of bio-based and fossil-based plastic: a review, S. Walker & al., Journal of Cleaner Production 261 (2020).
• Les synthons biosourcés porteurs d’innovations dans le domaine des polymères, L’actualité chimique, février 2019.
• Bioplastics and food packaging: A review, Nafisa Jabeen & al., Cogent Food & Agriculture, Volume 1, 2015.
• Tailor-Made Bioplastics for Environmentally Friendly Food Packaging, Clizia Aversa & al., University of Rome Tor Vergata, Italy, Encyclopedia of Renewable and Sustainable Materials, Volume 4, 2020.
• Fiche : les polymères biodégradables, Rhone Alpes, CCI Rhones Alpes, Ademe, France, 2019.

> illustration : image en creative commons, Viviane Monconduit, Pixabay

Avertissement : cet article synthétique est issu de différents documents publiés par Natural development. L'objectif est de fournir simplement les données clé. Se référer aux sources complètes  (voir liens ci-dessous) pour une information plus exhaustive et plus détaillée.

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