Climat, ressources, énergie : la part des emballages

Nous avons traité sous différents angles la contribution de l'emballage à la pollution des océans (voir par exemple : Pollution des océans par le plastique), nous souhaitons aborder ici son rôle dans le dérèglement climatique (via son empreinte carbone) et dans la raréfaction des ressources. Revue des données et publications les plus pertinentes sur ces sujets.

Réchauffement climatique : un rôle limité... pour le moment ! 

La contribution des emballages ménagers au réchauffement climatique a fait l'objet de différentes études. L'une des plus significative traite de l’impact des écogestes individuels (Carbone4, 2019 [1]). Selon celle-ci, le gain obtenu par la « mise à zéro de la quantité d’emballages ménagers utilisés en France » ne permettrait de soustraire annuellement – et au maximum – que 0,09 tonne équivalent CO2 par habitant.

Ce gain est faible : il ne représente que 0,8% de notre empreinte carbone individuelle moyenne. En tant qu’écogeste, la suppression des emballages ménagers est l'un des moins puissant, voir figure ci dessous, option "zéro déchet et gourde".

Leviers de réductions de CO2 induites par les gestes individuels. Données annuelles [1].

La contribution des emballages aux émissions globales avait déjà été évaluée au début des années 2010 (Denkstatt GmbH, 2011, [2]). L’étude a révélé que l’utilisation d’emballages, tous matériaux confondus, par les foyers et les entreprises en Europe ne participe qu’à hauteur de 1,7% à l’empreinte carbone totale (les emballages plastiques ne représentent pour leur part que 0,6% de celle-ci).

On entrevoit les conclusions générales : les efforts envisagés pour réduire l’empreinte carbone des emballages ménagers – ils doivent bien sûr être menés ! – ne seront qu’une aide modeste à la réduction globale des émissions de CO2.

Le plastique : un bilan carbone qui s'envole

Mais attention : depuis 2016, différents études et rapports incitent à la prudence : le plastique a représenté environ 4 % des émissions de GES en 2015 et pourrait représenter 15 % du budget carbone 2050.

Alors qu'avec des chiffres équivalents le digital ou l’aérien ont fait leur coming-out et commencent à fédérer des réactions, dans le secteur du plastique on est à la traîne, les chiffres n'impriment pas.

Les dernières modélisations prennent en compte le plastique sur l'ensemble de son cycle de vie et comptabilisent le phénomène d'accumulation ; cela rebat les cartes. Le secteur contribue alors à hauteur de 3,8% des émissions des 47 GtCO2e en 2015 et pourrait représenter 15 % du budget carbone 2050 (sur la base d'un scénario +2°C). Par ailleurs, à cette même échéance (2050), le plastique mobiliserait 20 % de la ressource fossile (au lieu de 1% en 2014).

Raréfaction des ressources : le plastique a le plus faible impact... contre l'impression générale

Peu d'études récentes traitent spécifiquement de l'impact des emballages sur la consommation d'énergie ou la raréfaction des ressources fossiles, mais la tendance est là : le plastique possède le plus faible impact, presque trois fois inférieur, que ce soit en termes de quantité de matière nécessaire ou de demande énergétique (voir par exemple les résultats issus de l'étude Denkstatt, [2]).

Effet du remplacement de certains emballages
plastiques sur les masses, la consommation
énergétique et les émissions de GES [2].

Ces résultats sont souvent rendus délicats à exploiter à cause de la différence existant entre l’impact environnemental réel d’un matériau et sa perception auprès du consommateur. Une étude danoise récente a encore montré que le plastique, par exemple, est perçu de façon erronée comme le matériau générant l'impact environnemental le plus important (Technical University of Denmark,  2019 [3]).

On comprend dès lors que la difficulté pour les différents acteurs du packaging est double : le rôle de ce dernier dans certaines thématiques environnementales est difficile à établir, d’une part, et l’analyse est souvent brouillée par la perception des consommateurs d’autre part.

En conclusion, les emballages : une fonction de conservation essentielle, des impacts sur le dérèglement climatique à relativiser

Les emballages ont beaucoup de défauts… mais leur rôle dans le réchauffement climatique n'est pas un enjeu majeur. Par ailleurs, il convient de pondérer la contribution environnementale des emballages. Si elle est réelle, elle doit être comparée à celle du produit complet (emballage + denrée). Et il s’avère que la part de l'emballage est généralement faible. Celle-ci dépend bien sûr du type d’emballage, du type de produit et du critère environnemental étudié, mais, selon une étude menée en 2011 dans le secteur alimentaire par une équipe de chercheurs suédois, elle est essentiellement comprise entre 1 et 15% [3] [4].

On comprend ainsi que l'emballage est surtout un outil de protection de l’essentiel : le produit ou la denrée alimentaire qu’il contient, et que, ce faisant, il contribue finalement à éviter l'impact environnemental supérieur qui résulterait de la dégradation de cette denrée.

Références :
[1] Faire sa part ? pouvoir et responsabilité des individus, des entreprises et de l'état face à l’urgence climatique, carbone 4, juin 2019.
[2] L’impact du cycle de vie des emballages plastiques sur la consommation d’énergie et les émissions de Gaz à Effet de Serre en Europe, Rapport de synthèse, Denkstatt GmbH, 2011.
[3] Environmental impact of packaging and food losses in a life cycle perspective: a comparative analysis of five food items; Helen Williams & al.; Faculty for Technology and Sciences, Karlstad University,  Sweden ; Journal of Cleaner Production 19 (2011).
[4] Packaging, blessing in disguise. Review on its diverse contribution to food sustainability; Fabio Licciardello; University of Catania, Italy; Trends in Food Science & Technology 65 (2017).

> illustration : image en creative common, WildOne, Pixabay

Avertissement : cet article synthétique est issu de différents documents publiés par Natural development. L'objectif est de fournir simplement les données clé. Se référer aux sources complètes  (voir liens ci-dessous) pour une information plus exhaustive et plus détaillée.

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